Techno concept, une technologie en mouvement

Ils sont une quinzaine à travailler à Techno Concept à Mane, mais l’effectif pourrait ne pas rester en l’état bien longtemps. Titulaire du prix de l’innovation octroyé par La Provence, la petite entreprise fondée par Daniel Boschat il y a 17 ans vient tout juste de lancer un appareil proprement révolutionnaire dans le domaine de la rééducation fonctionnelle.

Son nom est Vibramoov. Une nouveauté qui marque un pas de géant dans le développement d’une société créée initialement pour assurer de la sous-traitance technique au bénéfice de centres de recherche comme le CNRS de Marseille. Il y a trois ou quatre ans, la société avait commencé à développer sa propre gamme de solutions à destination des professionnels de santé. Des solutions non invasives de stimulation et d’accompagnement pour faciliter la rééducation des patients.

En partenariat avec l’université de Provence

Avec Vibramoov, cependant, on monte d’un cran dans l’innovation. Car cet appareil a pour but de maintenir actives les interactions sensori-motrices de toute personne présentant des troubles locomoteurs et de stimuler leur neuroplasticité. Difficile à comprendre ? Normal. Frédéric Albert explique. Ce docteur en neurosciences, embauché depuis deux ans pour travailler sur le produit, connaît d’autant mieux la question qu’il l’a lui-même étudiée en travaillant dessus avec Jean-Pierre Roll, professeur à l’université de Provence et co-développeur de l’appareil. « Après un AVC, un traumatisme crânien, un coma... une personne peut être amenée à subir une longue période d’immobilité. Or, cette immobilité a des effets très délétères, parce que l’on perd en seulement quelques jours la majorité des capacités de « programmer » les bons muscles au bon moment pour effectuer une tâche complexe telle que la marche. Cet appareil permet d’entretenir de la « discussion » entre les fonctions qui commandent le mouvement et celles qui le décrivent au cerveau ». Il ne s’agit donc pas tant de rétablir des capacités altérées que de les maintenir. « Nous sommes dans l’éducation motrice, non dans la rééducation », précise Frédéric Albert. Ce qui a pour effet, précisément, de faciliter grandement le travail de rééducation suivant immanquablement une période d’immobilisation prolongée.

De l’incrédulité à l’enthousiasme

En fait, le principe est le suivant : on applique des vibrateurs, reliés par Wi-fi à un moniteur, à la base des articulations. Et il faut bien reconnaître que le résultat est étonnant. « La première réaction des gens qui essaient cette machine est de sourire », constate Frédéric Albert. Pour cause, les vibrations ont pour vertu de stimuler le système nerveux avec des informations sensorielles identiques à celles de la marche naturelle. Ce qui a pour effet de donner une sensation de mouvement, alors que les membres ne bougent pas... Pour commencer ! Car cette sensation va pousser inconsciemment le patient à effectuer les mouvements pour de vrai. « Lorsque nous allons rencontrer des professionnels de santé pour leur expliquer ce que nous faisons, ils ont du mal à nous croire », s’enthousiasme Frédéric Albert. Après démonstration, l’adhésion est en revanche immédiate de part les nouvelles perspectives offertes en neuro-réadaptation. « Trois personnes ont été embauchées pour le développement de Vibramoov, mais c’est un projet qui va amener l’entreprise à prendre encore de l’ampleur. L’histoire ne fait que commencer ».

Article et photos : Stéphanie Martin

 

Technoconcept, lauréat du trophée innovation et médecine

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