L’hippocampe un demi-siècle de saga familiale

Créé par René Bravay au bord du lac de Volonne, le camping quatre étoiles L’Hippocampe vient de fêter ses 50 ans d’existence.

Renforcer le lien social, amical et familial comme contrepoint à l’urbanisation grandissante d’une société dans laquelle l’anonymat est inévitable, c’est le sens que donne Jean-Philippe Bravay à ce qu’il appelle « l’esprit camping ». Un esprit nourri de convivialité, de proximité et de découvertes dans un cadre délibérément proche de la nature (l’Hippocampe a obtenu le label européen Clef verte et est membre de la Ligue de protection des oiseaux) sans y sacrifier le confort et les services. C’est dans cette intention que « l’Hippocampe » a été créé par son père René Bravay, le 10 août 1965, et baptisé ainsi par sa mère Lucette.
C’est alors une petite structure, installée sur un terrain de 60 ares, avec une capacité d’accueil de 50 personnes. Mais très vite, la notoriété du camping, renforcée par la création l’année suivante d’une boîte de nuit, sera indiscutable. « Pendant près de 10 ans, la discothèque a affiché complet en attirant des jeunes qui venaient de Gap, mais aussi d’Aix-en-Provence ou encore de Marseille », raconte Jean-Philippe Bravay.

Des piscines aux mobil-homes

Puis arrive la première piscine, suivie de près par une deuxième, tandis que la clientèle de l’Hippocampe se fait toujours plus nombreuse. Une popularité bien légitime, comme en témoigne l’attribution de quatre étoiles au camping au début des années 80, alors que Jean-Philippe Bravay vient de reprendre les rênes de l’entreprise avec son frère Christian.
« Jeune diplômé en expertise comptable, j’avais en charge l’administratif et la communication, tandis que mon frère, qui sortait de l’école hôtelière de Lausanne, en Suisse, s’occupait de la partie technique », précise Jean-Philippe. En 1987, les premiers mobil-homes arrivent et, très vite, le camp aura atteint la capacité actuelle de 447 emplacements sur une surface de 11 hectares (232 mobil-homes et tentes sont aujourd’hui en location).
Une évolution spectaculaire qui amènera tout naturellement Guylhaine et Jacqueline, les sœurs de Jean-Philippe et Christian, à les rejoindre dans les années 90. La fratrie est désormais au complet et développera d’autres campings, à Digne-les-Bains et à Bauduen (dans le Var), près du lac de Sainte-Croix.
Mais si l’Hippocampe était encore un animal rare à sa création, ce n’est alors plus le cas. Il va donc falloir trouver un moyen de se démarquer, pour faire face notamment à la concurrence de la Côte d’Azur. Dans la lignée de l’intuition heureuse qu’avait eue son père des années auparavant en créant la discothèque, Jean-Philippe va miser sur l’animation pour créer une identité à l’Hippocampe. « L’idée était de développer un esprit « club ». Nous avons alors mis en place de nombreuses animations comme les jeux piscine, les concours de miss, les clubs « enfants » ou encore la présentation de comédies musicales et de tournois sportifs. Et le tout gratuitement ! » En 2002, une salle de spectacle est construite. Nommée « Le Chapiteau », elle a une capacité d’accueil de plus de 500 personnes.

Un camping connu aux quatre coins de l’Europe

La qualité des services de l’Hippocampe est désormais largement reconnue et permet à la société de rejoindre la chaîne Sunêlia la même année. « Ce regroupement de campings indépendants s’inscrit dans la recherche d’une mutualisation de nos offres et la volonté d’offrir la capacité de s’organiser collectivement ».
Ce n’est pas tout. Consciente que la communication est un atout majeur, Jean-Philippe se fera fort de faire connaître l’établissement, non seulement à une clientèle française, mais également européenne. Une réussite. « L’Hippocampe est connu de Bruxelles à Milan en passant par Londres, Anvers, Utrecht, Stuttgart et Essen ».
Aujourd’hui, près de la moitié de la clientèle est européenne - majoritairement hollandaise et belge - et le groupe Hippocampe emploie 34 équivalents temps plein, tandis qu’une partie de la troisième génération a emprunté à son tour la route familiale. « Olivier, le fils de Jacqueline, a pris les rênes de la restauration et des services associés en 2006 avec sa compagne Juli. Le développement de son affaire a été rapide : de 30, au début, il est passé en peu de temps à 160 couverts ». Quant à son frère Alexandre et sa cousine Alys, la fille de Jean-Philippe, ils n’ont pas encore achevé leurs études. Pour autant, il ne s’agit pas de les contraindre à marcher dans les pas de leur aîné, précise Jean-Philippe. « Ce choix de poursuivre ou non cette aventure familiale leur appartiendra ».

Article et photos : Stéphanie Martin

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