Conjoncture des entreprises des Alpes-de-Haute-Provence : année 2015 et perspectives 1er semestre 2016

Réalisée sur la base d’une enquête auprès des entreprises des Alpes-de-Haute-Provence, cette étude de l’activité économique en 2015, fournit une radiographie précise et factuelle du tissu économique départemental ainsi que les éléments d’anticipations pour le 1er semestre 2016.

Cette étude présente pour l’ensemble du département ainsi que détaillé par secteurs d’activités, tailles d’entreprises et volumes de chiffres d’affaires :

 
- Les taux de croissance entre 2014 et 2015, par semestre, des chiffres d’affaires et des effectifs permanents,
- L’état des carnets de commandes au 1er semestre 2016,
- Les prévisions d'évolution des chiffres d'affaires et effectifs au 1er semestre 2016,
- Les prévisions d’investissements,
- Les points de satisfaction et de préoccupation exprimés par les chefs d’entreprises interrogés,
- Des commentaires mettant en avant de manière synthétique les points clés.
 
 
 

Les principaux enseignements de l’étude pour 2015 et 2016


L’activité progresse globalement en 2015 dans les Alpes-de-Haute-Provence

Les chiffres d’affaires des entreprises ont progressé, en moyenne, de + 1 % au 1er semestre et de + 2,5 % au 2e semestre. Cette embellie profite aux activités commerciales, détaillants et grossistes, dont les chiffres d’affaires augmentent en moyenne de + 4 % entre 2014 et 2015. Les prestataires de services résistent plutôt bien malgré des difficultés en fin d’année pour la filière tourisme (hôtels, cafés et restaurants), et conservent des chiffres d’affaires honorables. Moteur de l’activité économique départementale, le secteur industriel voit les chiffres d’affaires de ses entreprises stagner sur l’ensemble de l’année 2015. Même constat pour les professionnels du BTP, qui, malgré un marché de la construction neuve quasiment à l’arrêt, réussissent globalement à conserver des niveaux d’activité équivalents à 2014.

 

Vers une stabilisation de l’emploi en 2016

En lien avec le repli de l’activité départementale, l’emploi permanent (CDI et CDD, hors intérim) des entreprises des Alpes-de-Haute-Provence diminue de 2 % en moyenne au 2e semestre 2014 après un premier décrochage (- 0,5 %) au cours du premier semestre. Toutes les tailles d’entreprises sont concernées, bien que la baisse de l’emploi soit un peu plus marquée pour les plus grandes (entreprises de 50 salariés et plus). L’emploi se replie significativement dans les secteurs de l’industrie, du commerce de détail et des services hors hébergement et restauration.

 

Une situation financière encore fragile mais qui s’améliore

En fin d’année 2015, les marges des entreprises restent particulièrement fragiles ; elles sont même en baisse pour près de trois entreprises sur dix. Si l’ensemble des secteurs d’activités sont concernés, la situation est encore plus sensible pour les entreprises du bâtiment et des travaux publics. Néanmoins, la situation s’améliore un peu depuis le début de l’année 2015 pour l’ensemble des activités à l’exception notable du commerce de détail et des services (hors café-hôtel-restaurant).

 

Suivant le même profil que les marges, la dégradation des trésoreries des entreprises semble freinée en 2015. Pour autant, les chefs d’entreprises qui constatent une baisse de leur trésorerie restent encore plus nombreux que ceux qui constatent une hausse. Les professionnels interrogés expriment des opinions attentistes : cette tendance à l’amélioration ne devrait ni s’inverser en 2016, ni accélérer pour autant.

 

Les décisions d’investissement des entreprises repartent nettement à la hausse en 2015 et en début d’année 2016. Néanmoins les professionnels augurant d’une baisse des investissements restent toujours plus nombreux que ceux envisageant une hausse. L’ensemble des secteurs d’activités, et les entreprises de toutes tailles, sont concernés par cette relative embellie.

 

Léger repli de l’activité industrielle en 2015

L’activité industrielle dans les Alpes-de-Haute-Provence a légèrement ralentit au 2e semestre 2015. Pour autant, les professionnels du secteur se montrent globalement satisfaits de l’année 2015 : près d’un tiers des professionnels interrogés déclarent une progression de leur activité aux 1er et 2e semestres de l’année dernière.
Les perspectives pour 2016 restent très prudentes : même si l’environnement économique des entreprises semble plus dégagé qu’auparavant, les entreprises font état de carnets de commandes peu garnis moyennement garnis au 1er semestre.

 

Stabilisation des effectifs en 2016
Malgré un léger repli de l’activité industrielle départementale en 2015, l’emploi est non seulement resté stable dans le secteur, mais il a également légèrement progressé.
En 2016, en l’absence de franche reprise de l’activité ou d’une meilleure visibilité à courte terme, les entreprises devraient stabiliser leurs effectifs permanents.

 

Vers un rebond du secteur de la construction en 2016 ?

Le secteur de la construction semblerait sortir de l’ornière : après trois années particulièrement difficiles pour les entreprises départementales, le chiffre d’affaires moyen s’est stabilisé en fin d’année 2015. Au 2nd semestre, le chiffre d’affaires moyen du secteur a même légèrement augmenté.
Les perspectives à moyen terme sont encourageantes, les professionnels du BTP, qui font face à des carnets de commande relativement plus étoffés que précédemment, anticipent une reprise de l’activité en 2016. Ainsi, plus d’un quart des chefs d’entreprise du secteur de la construction anticipent une progression de leurs chiffres d’affaires en début d’année.

L’emploi toujours en baisse, vers une stabilisation en 2016
 
Conséquence de la situation préoccupante du secteur depuis de nombreux trimestres, les effectifs des entreprises de la construction se sont à nouveau contractés en 2015. Néanmoins, les effectifs sont restés stables dans plus de huit entreprises du BTP sur dix.
Dans les prochains mois, l’emploi dans le secteur devrait rester stable : seulement 12 % des professionnels indiquent ajuster à la baisse leurs effectifs (contre 14 % lors de la précédente enquête).

 

Une activité commerciale soutenue en 2015

En 2015, le chiffre d’affaires global des commerces a progressé de 4 % par rapport à 2014. La deuxième partie de l’année a été particulièrement dynamique, notamment au 3e trimestre pour le commerce de gros.
Si les professionnels se disent satisfaits de l’année écoulée, ils se montrent réservés quand à la poursuite de ces développements satisfaisants : notamment les grossistes qui font face à des carnets de commande peu étoffés (32 % des commerçants de gros interrogés déclaraient des carnets de commande en baisse en début d’année).


L’emploi s’est maintenu dans le commerce en 2015
 
L’emploi dans le commerce est stable en 2015, pour les détaillants comme pour les grossistes. Les effectifs des entreprises commerciales n’ont pas évolués dans plus de 80 % des cas.
En 2016, la tendance est à la poursuite de cette stabilité de l’emploi : plus de 80 % des professionnels interrogés indiquent conserver des niveaux d’emploi similaire en 2016 par rapport à 2015.

 

Une année 2015 atone pour les services

L’activité est restée atone pour les entreprises de services en 2015, mais de façon très contrastée. Les cafés-hôtels-restaurants ont connu un premier semestre dynamique mais un repli sur la deuxième partie de l’année. En parallèle, l’activité pour les autres activités de services a été plutôt lisse avec des progressions de niveaux d’affaires comparable aux 1er et 2nd semestres 2015.
Les professionnels interrogés se montrent attentistes concernant les premières tendances de 2016 : ils anticipent une baisse d’activité au premier trimestre et un rebond au second trimestre. Les professionnels du tourisme indiquent notamment des carnets de réservation particulièrement peu garnis pour le démarrage de la saison 2016.


Recul de l’emploi en 2015, stabilisation en 2016

Malgré des niveaux d’activité qui sont restés stables en 2015, l’emploi s’est contracté dans le secteur en fin d’année. Les difficultés qu’ont connu les activités touristiques en début de saison hivernale est un des facteurs explicatifs.
En conséquence, les professionnels qui ont également peu de visibilité sur le début d’année 2016, n’anticipent pas de croissance de leurs effectifs à moyen-terme.

 

Impact du climat anxiogène sur les entreprises suite aux événements de novembre 2015 : des dirigeants confiants pour leur entreprise mais inquiets des répercutions sur l’économie française et mondiale

Plus de la moitié des dirigeants d’entreprises interrogés (61 %) se montrent confiants pour l’activité de leur entreprise. Plus de 70 % d’entre eux n’ont pas directement observés d’inflexion de l’activité économique suite aux attentats de novembre 2015 à Paris.

Néanmoins, les chefs d’entreprises anticipent des répercussions sur l’environnement économique (un environnement pas forcément lié à leur activité) : 85 % se disent inquiets de l’impact que pourrait avoir ces événements sur l’économie française, 78 % sont inquiets quant aux conséquences sur l’économie mondiale.

 

 
 
 
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