Terra continens ou l’invitation au voyage

Créée l’an dernier, l’entreprise Terra Continens a d’ores et déjà obtenu des marques de reconnaissance à l’international en remportant le prix City de l’ICMAD aux Etats-Unis.

Les deux dirigeants

Terra Continens est née le 1er avril 2014. « Ce n’était pourtant pas un gag », assure immédiatement Franck Bertolino. Et pourtant, rien ne le prédestinait à se lancer un jour dans la parfumerie. Surtout, rien ne laissait présager le démarrage en flèche de cette petite entreprise installée à Aiglun. Seulement voilà, un beau jour, cet entrepreneur né qui a déjà créé puis revendu plusieurs sociétés dans des secteurs aussi divers que la restauration, la mode ou encore la décoration intérieure, rencontre Marie-Grâce Goncalves. Elle, en revanche, connaît très bien le monde des senteurs. Pour cause, elle est alors cadre à Lothantique, à Peyruis où elle a notamment en charge le développement de gammes à façon. Il ne se passera guère de temps avant qu’elle se laisse convaincre par celui qui sera son futur associé de se lancer dans l’aventure, enchantée par la perspective de créer sa propre collection.

Innovation et voyage

Reste à trouver le concept. « Ce qui nous a réunis, c’est le voyage   », racontent-ils à l’unisson. A travers cinq gammes inspirées des souvenirs olfactifs et visuels que Franck a ramené de ses expéditions personnelles, ce sera également le voyage qui sera au cœur de leurs créations, ainsi que du design de leur packaging. Un packaging dont l’originalité a dernièrement été reconnue via l’obtention à Las Vegas du prix « City » 2015 de l’ICMAD (Independant cosmetic manufacturers and distributors), qui a récompensé le design du flacon d’eau de parfum de la gamme « Esprit kanak ». Les deux associés n’en reviennent pas. « Nous voulions être originaux, mais nous ne pensions pas l’être à ce point », s’étonne encore Marie-Grâce Goncalves. « Lorsqu’il nous a été suggéré de participer à ce concours, nous pensions n’avoir aucune chance. D’ailleurs, les formulaires ont traîné sur le bureau pendant des semaines, pour ne pas dire des mois   ». Cette originalité récompensée de manière si inattendue, ils la doivent au travail effectué avec une graphiste installée à Forcalquier : Edith Morin. « Nous voulions créer un produit qui fasse rêver et qui soit tout autant utile – nous faisons des parfums, mais aussi des gels douche, des parfums d’ambiance, des brumes d’oreiller... - que décoratif   ». Un produit qui porte sur lui l’univers culturel dont il s’inspire. Dès ses premières propositions, Edith Morin emporte l’adhésion de ses clients. Les flacons seront opaques, blancs et sérigraphiés de motifs réalisés initialement à l’encre noire symbolisant les paysages des pays ou des régions qui ont donné leur « esprit » aux fragrances réalisées par des parfumeurs de Grasse. De quoi donner un avant-goût de ce qui se passe dès lors que les senteurs se déploient. Comme le dit Franck Bertolino, « il n’y a plus qu’à fermer les yeux et à se laisser transporter ».

 

« Ce travail m’a permis d’explorer de nouvelles pratiques graphiques »

Cela fait 25 ans qu’Edith Morin a fait ses premières armes dans le design packaging. L’obtention de l’ICMAD City Awards récompense joliment l’originalité de son travail.


 

Quel effet cela fait-il d’avoir effectué un travail reconnu à l’international ?
Cela fait plaisir, c’est sûr. D’autant que c’était complètement inattendu, puisqu’il fallait que ce soit les clients qui postulent. D’ailleurs, je n’ai su qu’au dernier moment qu’ils étaient dans les trois premiers. Le fait qu’ils aient tenté leur chance suppose qu’ils avaient confiance dans le travail de création que j’avais fait pour eux et qu’ils étaient fiers de leur produit. C’est une grande reconnaissance qui n’aura pas forcément une incidence directe dans l’évolution de ma carrière, mais qui me donne malgré tout une légitimité.


Comment avez-vous travaillé sur le design de ces flacons ?
Etant donné que chaque gamme est associée à une destination du monde, l’idée était de proposer une invitation au voyage en créant des petites saynètes qui fassent ressortir une culture ancestrale. J’ai donc choisi de réaliser des illustrations en noir et blanc, très sobres, mais décorant entièrement le flacon, et représentant des paysages qui rappellent symboliquement l’univers concerné.


En quoi ce parti pris était-il innovant ?
Les illustrations recouvrent entièrement le flacon. Or, c’est un développement qui ne se fait pas du tout dans le secteur de la senteur. On ne se permet jamais d’aller si loin dans l’habillage. De plus, il y a un second élément original, qui est l’absence d’étui. Cela permet tout à la fois de limiter le gaspillage et de donner à voir un véritable objet de décoration. En ce qui me concerne, ce travail m’a permis d’explorer de nouvelles pratiques graphiques et c’est très excitant. Il est important de faire preuve de créativité tout en étant à l’écoute du client afin de s’adapter au mieux à sa demande. Il faut savoir doser son originalité. Je ne perds jamais de vue que mon travail doit répondre à un objectif commercial.

 


Article et photos : Stéphanie Martin
 

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