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Enjeux 04 - Numéro 67 | Dossier

Une nouvelle mutation
pour l’activité commerciale de proximité


Un point sur le secteur
Jusqu’aux années soixante, l’activité commerciale était une activité spontanée et naturelle des centre-villes. Les villes se sont construites autour des commerces, et bien souvent les marchands sont à l’origine même des villes.
L’arrivée, il y a trente ans, de modes nouveaux de consommation engendrés par l’émergence de la grande distribution a changé cette donne. De nouvelles habitudes de chalandise, centrées sur l’abondance des produits offerts, se sont développées à la périphérie, voire en dehors des villes. Les commerces de proximité n’existent plus que dans une commune sur deux.
Certains commerces, telles les épiceries, les boucheries ou encore les poissonneries ont vu leur nombre diminuer de façon significative.
D’autres secteurs se sont adaptés plus facilement, comme la boulangerie ou les fleuristes. On a assisté également à l’essor des chaînes spécialisées et des commerces en franchise ; en 2004, le commerce associé a pesé un quart du commerce de détail français en parts de marché.

Au total, le commerce de détail et les activités artisanales associées (boulangerie, pâtisserie, boucherie, etc.) rassemblent plus de 394 000 entreprises sur l’ensemble du territoire national. Celles-ci réalisent un chiffre d’affaires total hors taxes de 343 milliards d’euros et emploient plus de 1 950 000 personnes en équivalent temps plein.
Dans notre département, le commerce de détail et les activités artisanales associées rassemblent 2 026 entreprises soit plus d’un tiers des sociétés et entreprises individuelles inscrites au registre du commerce et des sociétés (RCS) et emploient plus de 4 530 personnes.
Le commerce traditionnel incarne l'énergie économique et la vie de nos villes, bourgs et villages !

Aujourd’hui, nous sommes à un nouveau point charnière : la société change dans sa composition sociologique.
Les générations nombreuses de l’après-guerre s’approchent de la retraite. Elles entrent dans la classe d’âge des seniors, avec une proportion accrue de personnes qui recherchent une qualité et une facilité de service, l’accueil, le conseil, le produit personnalisé.
Les achats en centre-ville sont également de plus en plus vécus comme une forme de loisir.

On constate ainsi une remontée appréciable du potentiel de clients pour les commerces de proximité, de centre-ville ou de quartier.


Pourquoi cette mutation ?

-Le nombre de supérettes, qui sont considérées comme des "locomotives" du commerce de milieu urbain, a augmenté de 27,5 % en 10 ans.
-Le nombre de boutiques spécialisées dans le commerce des boissons, donnant aux consommateurs informations et conseils, est en hausse depuis 1999.
-Le secteur des produits de santé et d’hygiène, où le conseil est déterminant (pharmacie, optique, parfumerie), est en pleine expansion.
-Les magasins d’équipements de la personne, touchés par la concurrence ont réagi en étant pilotes dans les nouvelles formes de commerce, en particulier le franchisage.
-Enfin, les marchés de plein air maintiennent leur position, et restent des éléments essentiels de l’animation commerciale associant conseils et convivialité.

Cette évolution représente un double défi : les commerces de proximité doivent perdurer, mais doivent être également en mesure de répondre aux attentes parfois exigeantes de cette nouvelle clientèle en expansion.


Un programme d’action ambitieux en faveur du commerce de proximité

C’est pourquoi, au cours de la mandature 2005-2009, durant laquelle je suis déléguée du secteur commerce de la chambre de commerce et d’industrie, l’axe central autour duquel se construira notre politique consistera à œuvrer pour la reconnaissance de la profession de commerçant en tant que telle et par cela, à accroître la performance des entreprises commerciales.


Reconnaissance des pouvoirs publics

De par sa profession et sa position d’indépendant, le commerçant est souvent isolé et hésite à faire partie d’un groupement quel qu’il soit.
Pourtant, seules les voix d’un groupe important sont entendues !
Créer des associations ou adhérer aux structures existantes
Une remarque revient souvent quand on interroge certains chefs d’entreprise : « Adhérer à une association de commerçants, pour quoi faire ? ». Les objectifs sont nombreux. Ces groupements doivent gérer, animer, promouvoir leur espace marchand, la logique du site marchand l’emportant sur la logique individuelle.
Ils doivent donc développer des actions pour améliorer :
l l’activité commerciale (par la mise en place d’une véritable politique d’animation, en permettant aux entreprises d’adapter leurs activités aux besoins de la clientèle - horaires d’ouverture attractifs, etc.-, en mettant en place une démarche qualité, en adhérant à un système de carte de fidélité collective, …) en créant une dynamique suffisante pour être entendu par les pouvoirs publics et être associé aux décisions impliquant la vie commerciale de la cité.
l L’environnement, en devenant une force de propositions et d’actions en matière d’aménagement du territoire et d’urbanisme (rues piétonnes, parking, stationnement, plan de circulation, etc.)

Une union commerciale doit mobiliser, convaincre, rassembler, fédérer
pour représenter, proposer, défendre et agir.

En 2005, on compte 10 unions commerciales actives sur le département représentant 785 commerçants (soit un peu moins de 45% des commerces de détail sédentaires).
La CCI souhaite aider les commerçants à se fédérer au sein d’associations et apporter un soutien accru aux unions commerciales existantes grâce au dispositif de subvention mis en place et à l’appui technique et logistique des techniciens.


Reconnaissance des consommateurs

Cette reconnaissance passe par deux axes complémentaires, à savoir le développement de l’image et la notoriété du commerce de proximité et la professionnalisation des entreprises par l’adaptation à la demande et la modernisation des outils.
Le développement de l’image et la notoriété du commerce de proximité
Une enquête d’opinion réalisée par TNS-SOFRES en septembre 2004, montre que les commerçants de proximité ont encore tendance à se considérer comme des résistants valeureux, dans le monde impersonnel de la distribution. Or, avec l’évolution des caractéristiques de la population, le commerce de proximité peut constituer, au contraire, une formule d’avenir du commerce.
C’est pourquoi, il est nécessaire que notre institution mette en place différentes opérations de communication afin de démontrer le professionnalisme et le savoir-faire des commerçants qui détiennent précisément les compétences recherchées par une nouvelle clientèle à la recherche d’une prestation personnalisée de qualité.
Les démarches sont nombreuses (ex : Concours Mercure d’Or, la Fête du Commerce, etc.).
Il est important que, de manière individuelle, les entreprises de ce secteur prennent conscience de l’image collective qu’elles dégagent et qu’elles s’impliquent fortement dans ce type d’opérations.

Bien entendu, notre compagnie consulaire relayera également toutes les campagnes de communication nationales visant à promouvoir l’image du commerçant de proximité, comme par exemple, celle qui a été lancée en mars dernier et qui devrait être relancée en octobre prochain « Commerçants, l’énergie de tout un pays ». Elle s’inscrit comme un témoignage de l’énergie individuelle que déploie quotidiennement chaque commerçant dans son magasin.

La professionnalisation des entreprises
par l’adaptation à la demande et la modernisation des outils.
Le comportement de la clientèle est en mutation. Pour améliorer leurs performances, les entreprises commerciales doivent comprendre les besoins des consommateurs et adapter leurs offres et services mais également moderniser leurs outils (façades, vitrines, gestion, aménagement du point de vente, informatisation de l’entreprise, méthode de vente et d’achat, etc.).
Pour le commerce, il est indispensable d’entrer dans une véritable démarche de professionnalisation.
Notre compagnie consulaire souhaite accompagner les entreprises vers cet objectif. A cet effet, des sessions d’information sur diverses thématiques ainsi que des formations spécifiques aux attentes de ce secteur d’activité vont être mises en place régulièrement chaque année. Une priorité est donnée à l’informatique et à la maîtrise des outils TIC.
D’autre part, notre institution va accompagner les commerçants dans leur engagement qualité en mettant en place des démarches qualité commerce, ceci dans le but de :
l fournir aux commerçants un outil de mesure de suivi et d’accompagnement,
l faire connaître l’engagement volontaire de ces entreprises auprès de leur clientèle.

Le commerce a encore un bel avenir devant lui, sachons anticiper pour franchir le cap de cette mutation d’activité !

Les membres de la section -
Déléguée au commerce : Nicole Peloux - Sisteron -
Philippe COMTE - Digne
Henri DAMIA - Manosque
Brigitte DAUMAS - Manosque
Jean-Christophe DESFILHES - Manosque
Mireille DUPUY - Sisteron
Chantal GERANTON - Château-Arnoux
Yvon LE PEUCH - Manosque
Joseph NESCI - Château-Arnoux
Jean-Philippe PIERI
Michel THIÉMÉ - Digne


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