Une nouvelle mutation
pour l’activité commerciale de proximité
Un point sur le secteur
Jusqu’aux années soixante, l’activité commerciale était
une activité spontanée et naturelle des centre-villes.
Les villes se sont construites autour des commerces, et bien souvent
les marchands sont à l’origine même des villes.
L’arrivée, il y a trente ans, de modes nouveaux de consommation
engendrés par l’émergence de la grande distribution
a changé cette donne. De nouvelles habitudes de chalandise,
centrées sur l’abondance des produits offerts, se sont
développées à la périphérie, voire
en dehors des villes. Les commerces de proximité n’existent
plus que dans une commune sur deux.
Certains commerces, telles les épiceries, les boucheries ou
encore les poissonneries ont vu leur nombre diminuer de façon
significative.
D’autres secteurs se sont adaptés plus facilement, comme
la boulangerie ou les fleuristes. On a assisté également à l’essor
des chaînes spécialisées et des commerces en
franchise ; en 2004, le commerce associé a pesé un
quart du commerce de détail français en parts de marché.
Au total, le commerce de détail et les activités artisanales
associées (boulangerie, pâtisserie, boucherie, etc.)
rassemblent plus de 394 000 entreprises sur l’ensemble du territoire
national. Celles-ci réalisent un chiffre d’affaires
total hors taxes de 343 milliards d’euros et emploient plus
de 1 950 000 personnes en équivalent temps plein.
Dans notre département, le commerce de détail et les
activités artisanales associées rassemblent 2 026 entreprises
soit plus d’un tiers des sociétés et entreprises
individuelles inscrites au registre du commerce et des sociétés
(RCS) et emploient plus de 4 530 personnes.
Le commerce traditionnel incarne l'énergie économique
et la vie de nos villes, bourgs et villages !
Aujourd’hui, nous sommes à un nouveau point charnière
: la société change dans sa composition sociologique.
Les générations nombreuses de l’après-guerre
s’approchent de la retraite. Elles entrent dans la classe d’âge
des seniors, avec une proportion accrue de personnes qui recherchent
une qualité et une facilité de service, l’accueil,
le conseil, le produit personnalisé.
Les achats en centre-ville sont également de plus en plus
vécus comme une forme de loisir.
On constate ainsi une remontée appréciable du potentiel
de clients pour les commerces de proximité, de centre-ville
ou de quartier.
Pourquoi cette mutation ?
-Le nombre de supérettes, qui sont considérées
comme des "locomotives" du commerce de milieu urbain, a
augmenté de 27,5 % en 10 ans.
-Le nombre de boutiques spécialisées dans le commerce
des boissons, donnant aux consommateurs informations et conseils,
est en hausse depuis 1999.
-Le secteur des produits de santé et d’hygiène,
où le conseil est déterminant (pharmacie, optique,
parfumerie), est en pleine expansion.
-Les magasins d’équipements de la personne, touchés
par la concurrence ont réagi en étant pilotes dans
les nouvelles formes de commerce, en particulier le franchisage.
-Enfin, les marchés de plein air maintiennent leur position,
et restent des éléments essentiels de l’animation
commerciale associant conseils et convivialité.
Cette évolution représente un double défi :
les commerces de proximité doivent perdurer, mais doivent être également
en mesure de répondre aux attentes parfois exigeantes de cette
nouvelle clientèle en expansion.
Un programme d’action ambitieux en faveur du commerce
de proximité
C’est pourquoi, au cours de la mandature 2005-2009, durant
laquelle je suis déléguée du secteur commerce
de la chambre de commerce et d’industrie, l’axe central
autour duquel se construira notre politique consistera à œuvrer
pour la reconnaissance de la profession de commerçant en tant
que telle et par cela, à accroître la performance des
entreprises commerciales.
Reconnaissance des pouvoirs publics
De par sa profession et sa position d’indépendant,
le commerçant est souvent isolé et hésite à faire
partie d’un groupement quel qu’il soit.
Pourtant, seules les voix d’un groupe important sont entendues
!
Créer des associations ou adhérer aux structures existantes
Une remarque revient souvent quand on interroge certains chefs d’entreprise
: « Adhérer à une association de commerçants,
pour quoi faire ? ». Les objectifs sont nombreux. Ces groupements
doivent gérer, animer, promouvoir leur espace marchand, la
logique du site marchand l’emportant sur la logique individuelle.
Ils doivent donc développer des actions pour améliorer
:
l l’activité commerciale (par la mise en place d’une
véritable politique d’animation, en permettant aux entreprises
d’adapter leurs activités aux besoins de la clientèle
- horaires d’ouverture attractifs, etc.-, en mettant en place
une démarche qualité, en adhérant à un
système de carte de fidélité collective, …)
en créant une dynamique suffisante pour être entendu
par les pouvoirs publics et être associé aux décisions
impliquant la vie commerciale de la cité.
l L’environnement, en devenant une force de propositions et
d’actions en matière d’aménagement du territoire
et d’urbanisme (rues piétonnes, parking, stationnement,
plan de circulation, etc.)
Une union commerciale doit mobiliser, convaincre, rassembler, fédérer
pour représenter, proposer, défendre et agir.
En 2005, on compte 10 unions commerciales actives sur le département
représentant 785 commerçants (soit un peu moins de
45% des commerces de détail sédentaires).
La CCI souhaite aider les commerçants à se fédérer
au sein d’associations et apporter un soutien accru aux unions
commerciales existantes grâce au dispositif de subvention mis
en place et à l’appui technique et logistique des techniciens.
Reconnaissance des consommateurs
Cette reconnaissance passe par deux axes complémentaires, à savoir
le développement de l’image et la notoriété du
commerce de proximité et la professionnalisation des entreprises
par l’adaptation à la demande et la modernisation des
outils.
Le développement de l’image et la notoriété du
commerce de proximité
Une enquête d’opinion réalisée par TNS-SOFRES
en septembre 2004, montre que les commerçants de proximité ont
encore tendance à se considérer comme des résistants
valeureux, dans le monde impersonnel de la distribution. Or, avec
l’évolution des caractéristiques de la population,
le commerce de proximité peut constituer, au contraire, une
formule d’avenir du commerce.
C’est pourquoi, il est nécessaire que notre institution
mette en place différentes opérations de communication
afin de démontrer le professionnalisme et le savoir-faire
des commerçants qui détiennent précisément
les compétences recherchées par une nouvelle clientèle à la
recherche d’une prestation personnalisée de qualité.
Les démarches sont nombreuses (ex : Concours Mercure d’Or,
la Fête du Commerce, etc.).
Il est important que, de manière individuelle, les entreprises
de ce secteur prennent conscience de l’image collective qu’elles
dégagent et qu’elles s’impliquent fortement dans
ce type d’opérations.
Bien entendu, notre compagnie consulaire relayera également
toutes les campagnes de communication nationales visant à promouvoir
l’image du commerçant de proximité, comme par
exemple, celle qui a été lancée en mars dernier
et qui devrait être relancée en octobre prochain « Commerçants,
l’énergie de tout un pays ». Elle s’inscrit
comme un témoignage de l’énergie individuelle
que déploie quotidiennement chaque commerçant dans
son magasin.
La professionnalisation des entreprises
par l’adaptation à la demande et la modernisation des
outils.
Le comportement de la clientèle est en mutation. Pour améliorer
leurs performances, les entreprises commerciales doivent comprendre
les besoins des consommateurs et adapter leurs offres et services
mais également moderniser leurs outils (façades, vitrines,
gestion, aménagement du point de vente, informatisation de
l’entreprise, méthode de vente et d’achat, etc.).
Pour le commerce, il est indispensable d’entrer dans une véritable
démarche de professionnalisation.
Notre compagnie consulaire souhaite accompagner les entreprises vers
cet objectif. A cet effet, des sessions d’information sur diverses
thématiques ainsi que des formations spécifiques aux
attentes de ce secteur d’activité vont être mises
en place régulièrement chaque année. Une priorité est
donnée à l’informatique et à la maîtrise
des outils TIC.
D’autre part, notre institution va accompagner les commerçants
dans leur engagement qualité en mettant en place des démarches
qualité commerce, ceci dans le but de :
l fournir aux commerçants un outil de mesure de suivi et d’accompagnement,
l faire connaître l’engagement volontaire de ces entreprises
auprès de leur clientèle.
Le commerce a encore un bel avenir devant lui, sachons anticiper
pour franchir le cap de cette mutation d’activité !
Les membres de la section -
Déléguée au commerce : Nicole Peloux - Sisteron
-
Philippe COMTE - Digne
Henri DAMIA - Manosque
Brigitte DAUMAS - Manosque
Jean-Christophe DESFILHES - Manosque
Mireille DUPUY - Sisteron
Chantal GERANTON - Château-Arnoux
Yvon LE PEUCH - Manosque
Joseph NESCI - Château-Arnoux
Jean-Philippe PIERI
Michel THIÉMÉ - Digne
Egalement consultable en Pdf :
Dossier
(Attention 2,7 Mo, nécéssite Acrobat
Reader d'Adobe)