Nouvel hôtel du Commerce : un établissement en perpétuel devenir

Appartenant à la famille Fradet depuis près d’un siècle, le Nouvel Hôtel du Commerce ne cesse d’évoluer pour répondre aux demandes de la clientèle. Classé hôtel trois étoiles, il pourrait en avoir quatre…

La façade jaune a l’allure modeste du petit hôtel familial. Mais à l’intérieur, ce qui apparaissait comme un simple hôtel de village est en fait un établissement trois étoiles d’une superficie habitable de 2500 m². Le couple de gérants, Jean-Christophe et Patricia Fradet, s’en amuse. « Cet hôtel, c’est un iceberg, on n’en voit qu’une petite partie ».
 
Installé en plein centre du village de Castellane, le Nouvel Hôtel du Commerce appartient à la famille Fradet depuis près d’un siècle. « Ce sont mes arrière-grands-parents qui l’ont acheté aux enchères dans les années 20. C’était alors un relais de poste, explique Jean-Christophe Fradet. Ils n’étaient pas du tout du métier puisqu’ils étaient lavandiculteurs et l’avaient acheté pour ma grand-mère afin de l’encourager à rester à Castellane ».
 
Quelques années plus tard, la même opération est réalisée lorsque les grands-parents de Jean-Christophe, désormais dirigeants de ce qui s’appelle alors l’hôtel du Commerce, achètent à leur tour l’établissement installé en face, de l’autre côté de la place Marcel-Sauvaire pour leur fille. « Ma mère a tenu l’hôtel du Levant jusqu’au début des années 80 ». Ce sera la sœur de Jean-Christophe Fradet qui reprendra l’hôtel du Levant, tandis que sa mère travaillera à l’hôtel du Commerce jusqu’en 1999. Lequel a, dans l’intervalle, déjà pas mal entamé sa mutation, compte alors 45 chambres et, depuis 1976 détient ses trois étoiles et a été rebaptisé « Nouvel Hôtel du Commerce ».
 
Mais les grandes rénovations débutent en 1992 quand Jean-Christophe Fradet décide à son tour de reprendre le flambeau familial. « La première chose que l’on ait faite, c’est la cuisine et le restaurant, qui sont le domaine de Jean-Christophe », raconte son épouse Patricia. Des chambres sont supprimées pour que les autres puissent être agrandies, tandis qu’un jardin abrité par des glycines, mène à une piscine bordée de transats. 
Des travaux qui, au fond, ne cesseront jamais tout à fait, au bénéfice des entreprises de la région que le couple Fradet a à cœur de faire travailler, mais aussi pour leurs deux enfants âgés de 22 et 25 ans. « C’est un outil de travail. Il faut qu’il soit le mieux possible. On ne veut pas leur laisser quelque chose de dégradé ». Et c’est peu dire qu’il ne l’est pas… La dernière tranche de travaux durant l’hiver 2016-2017 a vu 22 des 31 chambres se métamorphoser pour adopter un style gustavien fait de couleurs sobres et de mobilier aux moulures délicates. Dix-neuf chambres dites supérieures ont ainsi été créées dont deux chambres pour personnes handicapées, deux suites de 45 m² et une suite junior de 32 m². 
« On pourrait avoir quatre étoiles, mais on ne le souhaite pas, précise Patricia Fradet. On préfère avoir un bel établissement sous-coté qu’un établissement surcoté. Et puis, on n’a pas la clientèle… » Une clientèle néanmoins très fidélisée pour un hôtel qui emploie dix personnes durant la saison, ne désemplit pas de mi-juin à mi-septembre et, en l’espèce, rouvre le 22 mars. En attendant la prochaine tranche de travaux… « On attend deux ans, puis on rénovera la salle de réception, le hall et le restaurant »
 
Article et photos : Stéphanie Martin
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