Nicolosi créations, le savoir-faire, de père en fille

Onze ans après la création de son entreprise de parfums et cosmétiques, Philip Nicolosi prépare la relève, en la personne de sa fille Célia.

« Le hasard est la manifestation de la nécessité extérieure se frayant un chemin dans l’inconscient humain », se plaît à dire Philip Nicolosi en citant André Breton. Autant dire que l’homme croit en l’intuition et en sa bonne étoile Et il est vrai que la désormais bien connue façade de l’entreprise de cosmétiques installée à l’entrée de la zone d’activités d’Aiglun ne dit pas autre chose, rappelant à ceux qui l’avaient oublié que Philip Nicolosi a démarré son activité dans son garage. « C’était le 1er avril 2004 », note-t-il malicieusement avant d’ajouter : « A chaque fois que j’ai créé une entreprise, c’était un 1er avril. J’en deviens superstitieux ». Trois ans plus tard, l’entrepreneur bénéficie d’une opportunité inespérée qui lui ouvre les marchés américains. L’affaire explose. Provisoirement. « J’ai perdu ce marché aussi vite », raconte-t-il. Mais l’heure n’est pas au découragement : « j’ai pris un billet pour Hong-Kong, j’ai installé un stand sur le salon international Cosmoprof... et j’ai croisé les doigts ». C’est ainsi que Philip Nicolosi ouvre les portes des marchés japonais et coréen, avant même de s’intéresser au marché français. Un choix qu’il reconnaît aller à contre-courant de ce qui se fait usuellement, mais qui revêt une logique évidente : « Le marché français est hypersaturé, tandis qu’en Asie, les produits « Made in France » sont particulièrement bien accueillis ». Aujourd’hui, l’entreprise est bien connue pour ses eaux de toilette, bougies, savons, parfums d’ambiance et, surtout, son eau de lavande naturelle de Digne-les-Bains.

De l’usine au magasin

Dix ans après la création de la société, un nouveau pas est franchi, et un magasin ouvert en centre-ville de Digne-les-Bains, « qui est, rappelons-le, la capitale de la lavande », en partenariat avec La Cure gourmande, une fabrique artisanale de biscuits et confiseries créée il y a 26 ans dans l’Hérault, et aujourd’hui largement franchisée. Une vitrine de produits qui font rêver, à laquelle est rapidement venu s’ajouter un musée de la lavande, retraçant joliment les histoires humaines qui entourent la culture de la plante emblématique de la Provence, et – détail au demeurant sympathique – réalisé « à 99% par des artisans locaux ».
Autant d’évolutions qui en appellent cependant une autre : l’arrivée dans le paysage de la relève, en la personne de Célia Nicolosi, fille de Philip. À 24 ans, cette jeune femme diplômée en marketing et management international réalise ce qui lui a toujours semblé aller de soi. « J’ai toujours su que j’intégrerais l’entreprise de papa », dit-elle avec un sourire, tandis que le papa en question voit dans l’arrivée de son héritière une opportunité de développer son entreprise. « Ma fille, donnera un élan supplémentaire à l’affaire ». Et d’ailleurs, cette passation de témoin n’est pas sans lien avec un besoin de créer visiblement irrépressible. « Je vais encore rester cinq ou dix ans avec Célia, mais j’ai un autre gros projet en vue », confie-t-il. Sans s’étendre sur le sujet, Philip Nicolosi accepte de dévoiler qu’il s’agit d’une « start-up dans la cybernétique créée avec deux amis ingénieurs ouvrant la porte à de nouvelles opportunités industrielles », avant d’ajouter avec le même sourire que sa fille : « si ça marche, ça pourrait être une bonne chose pour la ville de Digne et notre territoire ».

Article et photos : Stéphanie Martin

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