Quelle ressource en eau dans 30 ans entre Durance et Verdon ?

Un réservoir de pensée qui interroge l’avenir...

« La confrontation ressource-besoin montre que les réserves en eau de la Durance et du Verdon restent suffisantes à l'horizon considéré pour satisfaire aux demandes en eau de la part des usages, même si des incertitudes demeurent » affirme Eric Sauquet, membre de l'institut national de recherches en sciences et technlogies pour l'environnement et l'agriculture de Lyon-Villeurbanne (IRSTEA) invité par la Chambre de commerce et d'industrie des AHP à nourrir une conférence sur le thème « Quelle ressource en eau dans 30 ans dans nos territoires ? » dans le cadre des travaux du think.

« Toutefois, ajoutera le chercheur, certaines années, l’équilibre est assuré au détriment de la production d’énergie en hiver et du maintien des cotes touristiques sur les retenues en été. L’intensité et la fréquence des déséquilibres ne sont pas identiques sur tous les secteurs d’étude (sollicitations des aménagements de la Durance stables ou en baisse quel que soit le scénario, à l’inverse de celles concernant les ouvrages du Verdon). Grâce aux efforts d’économies d’eau réalisés sur les systèmes d’irrigation gravitaires, le système Durance verrait sa situation s’améliorer, alors que le système Verdon actuellement mieux optimisé verrait sa vulnérabilité s’accroître légèrement ».

Cinq enjeux pour l'agriculture départementale

 

L'IRSTEA est un organisme de recherche qui travaille sur les enjeux majeurs d'une agriculture responsable et de l'aménagement durable des territoires, la gestion de l'eau et les risques associés, sécheresse, crues, inondations, l'étude des écosystèmes complexes et de la biodiversité dans leurs interrelations avec les activités

 

On relèvera les éléments clés de l'important travail d'étude mené par l'IRSTEA, à savoir l'augmentation de la température moyenne de l’air impactant l’hydrologie de montagne, l'évolution incertaine des précipitations, la diminution des stocks de neige et la fonte avancée dans l’année qui induisent une réduction des débits au printemps, la diminution de la ressource en eau en période estivale et de la demande globale en eau à l’échelle du territoire.

On relèvera aussi la contribution de Frédéric Esmiol, président de la Chambre d'agriculture des Alpes- de-Haute-Provence, qui mettra en exergue les cinq enjeux pour l’agriculture bas-alpine de demain en matière d'usage de l'eau : sécuriser les zones d’irrigation non sécurisée, organiser le futur partage de l’eau sur les zones d’irrigation sécurisée, maintenir le potentiel des cultures traditionnelles par l’irrigation, adapter les systèmes de production sur les zones non irrigables, adapter le prix du service de l’eau.

« Les changements climatiques et socio-économiques vont modifier sensiblement la capacité à satisfaire les différents usages sur la Durance comme sur le Verdon. Il faudra donc trouver les voies qui leur permettront de parvenir à un nouvel équilibre. L’incertitude sur l’évolution de la demande est plus portée par la trajectoire socio-économique que par l’évolution du climat » conclura Eric Sauquet.
 
 
Article : Bernard Fali
 
Présentation EDF Durance Verdon
Les enjeux et leviers d’adaptation
aux changements climatiques
Le partage de la ressource en eau
sur la Durance en 2050
Anticiper et quantifier les futurs possibles
de la gestion en eau
Quelle ressource en eau dans 30 ans
pour nos territoires ?

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