Le Séchoir des Alpes lance la marque Saveurs provençales

Développer la filière de porc plein air du Mont-Ventoux, c’est l’objectif que s’est donné la société le Séchoir des Alpes, à Manosque, dans le cadre du lancement de sa nouvelle marque Saveurs provençales.

On ne présente plus le Séchoir des Alpes, cette entreprise de charcuterie familiale installée à Manosque. Dirigée par Guillaume Saint-Martin, la société a franchi un pas supplémentaire dans le développement de son activité. On la connaissait pour ses saucissons, on la connaîtra en effet bientôt pour sa gamme de produits frais emballés via le lancement, d'ici la fin de l'été, de la marque Saveurs provençales. Une marque rachetée par le Séchoir des Alpes en même temps que l'abattoir de Saint-Saturnin-lès-Apt en décembre dernier. « Avec cette marque, nous aurons tout un univers de produits haut-de-gamme que l'on trouve actuellement chez le boucher ou dans la grande distribution à la coupe, et qui seront désormais proposés en libre-service », explique Guillaume Saint-Martin. Les jambons, pâtés, andouillettes et autres pâtés de tête seront préparés à l'abattoir, puis tranchés et emballés sur le site de Manosque. « L'idée est de mettre en synergie les deux sociétés : l'abattoir qui assure l'abattage, la découpe et la fabrication de la charcuterie, et le Séchoir des Alpes », résume le gérant. 
A l'arrivée, des produits de qualité premium faisant, notamment, la part belle au porc plein air du Mont Ventoux.
Identifiée sous un label de qualité créé en 1998, cette filière répond à un cahier des charges très strict. Il faut que les porcs soient élevés à 50 km maximum autour de Sault (dans le Vaucluse, ndlr) et au minimum à 600 mètres d'altitude en plein air sur un espace de 110m² par porc. Des porcs engraissés pendant six mois minimum et nourris à base de céréales non OGM.
Aujourd'hui confidentielle, la filière ne compte que trois élevages situés à Saint-Christol. Mais Guillaume Saint-Martin compte bien qu'elle prenne de l'ampleur. « Les éleveurs-engraisseurs du Ventoux produisent une soixantaine de porcs environ par semaine. Cela correspond à deux jours d'abattage et on voudrait ouvrir une journée d'abattage supplémentaire. Ce que l'on souhaite, dès lors, c'est mettre en place des élevages et, pour ce faire, faciliter l'installation d'éleveurs que ce type de production intéresse ». Il ajoute : « On a du foncier à mettre à disposition, en l'occurrence 80 ha situés à Saint-Martin-les-Eaux. Nous sommes prêts à financer l'installation d'éleveurs. On a d'ailleurs contacté le lycée agricole de Carmejane, ainsi que le lycée Drôme provençale et un lycée agricole breton qui sont spécialisés dans l'élevage porcin. Nous avons les moyens d'assurer l'installation de six élevages supplémentaires ».
En fait, précise le gérant du Séchoir des Alpes, « aujourd'hui, celui qui s'installe a l'assurance d'avoir un carnet de commandes plein et de gagner correctement sa vie ». Une offre incontestablement alléchante qu'il détaille : «  On s'engage avec les éleveurs sur un prix garanti à l'année, et non fluctuant avec les cours du porc, et on propose aussi un accompagnement technique via notre syndicat de défense et de promotion du porc du Ventoux. Il y a de plus en plus de demande de produits haut-de-gamme de la part des consommateurs. Là, ils sont sûrs que c'est le cas. D'autant que nous travaillons sur un produit inscrit dans une démarche Clean Label, garanti sans colorant et travaillé à l'ancienne ». Il faut ajouter : « Et respectueux des normes de bien-être animal. Lorsque l'abattoir a été contrôlé, il a été déclaré conforme à 90 % aux exigences gouvernementales ».
La prochaine étape serait d'avoir une AOP dans les trois ou quatre ans à venir.
 
Article et photo : Stéphanie Martin
À voir