Le Moulin Pichard un ancrage territorial, au service de la qualité

Seul moulin du département, intégralement en agriculture biologique, le Moulin Pichard joue la carte de la proximité, garante de la qualité de produits qui approvisionnent ensuite les boulangeries bio du département.

Le Moulin Pichard présente comme caractéristique essentielle d’être 100% bio. Une spécificité d’autant plus notable que dans la famille Pichard, c’est loin d’être une nouveauté. La saga familiale a débuté dans la Sarthe avant de se poursuivre dans la Drôme, où son père et son grand-père acquerront un moulin à Grane au début des années 60. C’est là que débutera l’aventure « bio ». « Au début des années 80, mon père a décidé de ne plus écraser que des céréales issues de l’agriculture biologique et il a eu le premier moulin 100% bio certifié Nature et progrès ». 

Stéphane Pichard fera à son tour une école de meunerie, s’inscrivant ainsi dans une tradition familiale qui perdure aujourd’hui depuis sept générations et c’est, dit-il, « par le plus grand des hasards » que son regard se tournera vers les Alpes-de-Haute-Provence. « J’ai découvert le moulin de Malijai en venant acheter du matériel à Bras-d’Asse ».

 

Aujourd’hui seul moulin du département, le Moulin Pichard écrase chaque année 3300 tonnes de blé. « Environ la moitié du volume vient des Alpes-de-Haute-Provence ou des départements limitrophes, ainsi que de l’Aude et de Italie, parce qu’on ne souhaite pas mettre d’additif dans nos farines et que ces fournisseurs nous garantissent une qualité optimale », indique Stéphane Pichard. Loin derrière le blé vient le petit épeautre, à raison de 250 tonnes par an, qui connaît depuis quelques années un développement significatif, notamment associé aux nouvelles tendances alimentaires friandes de sans gluten ou, à tout le moins, d’un gluten plus digestible que l’on trouve précisément dans cette céréale aux rendements pourtant modestes et gourmande en main d’œuvre. Doté d’une structure de décorticage, le Moulin Pichard est d’ailleurs le seul moulin agréé IGP Petit épeautre de Haute-Provence. « Cela permet de développer l’agriculture locale et de faire vivre de petites exploitations », note le meunier, qui se place ainsi résolument dans la ligne tracée par son père avant lui. « Mon père connaissait ses producteurs, il livrait lui-même ses clients. C’est également ce qui me plaisait : maîtriser la chaîne complète du fournisseur à la clientèle ». Une volonté de proximité qu’il manifeste en s’investissant dans le développement de la filière bio du département. Adhérent à Aval bio Paca, il contribue également à la réhabilitation de variétés de blé anciennes avec Agribio 04 et travaille régulièrement en partenariat avec l’école internationale de boulangerie de Noyer-sur-Jabron.
 
Le Moulin Pichard permet de faire vivre dix salariés et dégage un chiffre d’affaires de 4,3M€. « Dans le monde de la meunerie, on est tout petits, relativise Stéphane Pichard, certains concurrents font 10 fois nos volumes », évalue le meunier malijaien. L’activité du moulin, qui écrasait alors 800 tonnes de céréales, a néanmoins connu une nette progression depuis le début des années 90. Pour autant, « on est aujourd’hui dans une phase où on tendrait plutôt à freiner ». Une assertion étonnante dont Stéphane Pichard s’explique : «  Le fait que nous n’ayons pas d’additif dans nos farines nous oblige à avoir une qualité de blé très particulière et je n’ai pas envie de modifier cette qualité. Je ne veux pas perdre mon métier et notre spécificité. Notre taille me permet de gérer de petits volumes et je vends quelque chose de marqué ‘Haute Provence’. C’est top, même si c’est moins rentable ».
 
Qualité plutôt que quantité. Un principe qu’il entend appliquer à tous les niveaux de la vie de son entreprise. « Ce qui m’intéresse, c’est de gagner en qualité de vie, d’améliorer la manutention pour que mes salariés aient davantage de confort de travail ». Un état d’esprit dynamisé par l’évolution de la réglementation et la traçabilité. « L’idée, c’est de considérer que puisque c’est obligatoire, autant faire évoluer le travail dans cette direction. Pour le personnel, sans être plus évident, c’est plus intéressant et plus agréable que d’effectuer des tâches répétitives pouvant générer des troubles musculo squelettiques ». Cette démarche, qui l’a conduit à obtenir l’an dernier le trophée RSE (lire par ailleurs), se révèle donc être une véritable stratégie d’entreprise au service d’une clientèle située majoritairement en région Auvergne-Rhône-Alpes et en région Paca, incluant évidemment le département puisque le Moulin Pichard livre des entreprises comme la biscuiterie Lou Bio et les boulangeries artisanales bio comme Rouger à Manosque et Pierrevert, La Paline à Sisteron ou encore Semeurs de Provence à Forcalquier.

Articles et photos : Stéphanie Martin


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