Le Gavot, du montagnard à l’œuf de Haute-Provence

Créée dans les années « 70 », la marque d’œufs le Gavot, bien connue des consommateurs bas-alpins, est le fruit de l’association d’un petit groupe d’agriculteurs souhaitant s’octroyer un complément de revenus

« Le Gavot, à la base, c’est l’habitant de la Haute-Provence, le montagnard », rappelle Pierre Sube. Et c’est donc tout naturellement le nom qui a été choisi pour commercialiser des œufs à l’origine exclusivement produits dans les Alpes-de-Haute-Provence. Mais n’allons pas trop vite…

Tout a commencé il y a 61 ans lorsqu’un groupe d’agriculteurs décide de créer deux coopératives, « Avidurance pour la production d’œufs et la PAD (producteurs associés de Durance) pour la fabrication d’aliments du bétail qui se fournit en céréales auprès des coopérateurs ».

 

Parmi ces agriculteurs, Jean Sube, père de Pierre, mais aussi messieurs Masse, Melve et Boyer, qui sont également les pères des actuels adhérents bas-alpins. « Le but était d’apporter un complément de revenu aux agriculteurs. Cela s’est traduit par la création de petits élevages de poules pondeuses ». La coopérative Avidurance est constituée en 1964 et reconnue comme groupement de producteurs d’œufs par l’État. Elle reste d’ailleurs, à ce jour, le seul groupement de la région Paca. 

 

C’est en 1965 que la SICA se spécialisera dans la vente d’œufs. La marque le Gavot est créée dans les années « 70 ». Au départ, raconte Pierre Sube, qui dirige la structure, « on avait 150 poules pondeuses par éleveur ». Il y en avait 17. Aujourd’hui, la coopérative compte six éleveurs, trois dans les Alpes-de-Haute-Provence et trois dans les Hautes-Alpes (dans le secteur du Buëch) pour un cheptel avoisinant les 200 000 poules élevées, dans la majorité des cas, en plein air ou en agriculture biologique. Seul deux éleveurs produisent des œufs, dits standard, c’est-à-dire avec des poules en cage, et l’un des deux a le projet de passer à l’élevage de poules en plein air. 

 

La production représente 50 millions d’œufs par an - dont 20 millions sont calibrés - distribués sur l’ensemble de la région, excepté dans les Alpes-Maritimes. Cela reste néanmoins un complément de revenu pour les agriculteurs. Il est en effet très difficile de vivre de l’aviculture. « Les exigences sanitaires sont énormes », note Pierre Sube. « Si on a le moindre problème de salmonelle, il n’est plus possible de produire pendant plusieurs mois »

 

Au demeurant, d’un point de vue purement sanitaire, la production est extrêmement contrôlée selon le système HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point), qui est une méthode visant à identifier, évaluer et maîtriser les dangers significatifs au regard de la sécurité des aliments.

 

Le chiffre d’affaires de la SICA Le Gavot atteint aujourd’hui les 5,5 M€, dont à peine la moitié provient de la production d’œufs. « Nous avons un complément de gamme, avec une activité de grossiste en volaille – poulets, foie gras, lapins – qui représente 3M€ de notre chiffre d’affaires. Nous travaillons avec les bouchers, les restaurants, les cantines scolaires »

 

Le centre de conditionnement d’Oraison, d’une superficie de 2000 m², est ouvert six jours sur sept pour assurer le calibrage, le marquage, le conditionnement et l’expédition des œufs, et la SICA emploie 20 salariés. « On en a eu jusqu’à 40 », précise le directeur. C’était dans les années « 80 ». Une mauvaise passe subie dans les années 2000 à 2010 obligera la structure à mettre en place un plan social. 

 

L’an dernier, cependant, la SICA a bénéficié d’un coup de pouce non négligeable. « Nous avons la chance d’avoir été référencés au niveau régional. Cela nous amène un volume significatif de +10%  ». Aujourd’hui, la situation est donc meilleure, mais Pierre Sube préfère rester prudent. «  On pourrait envisager de se développer, mais on est trop petits pour se battre avec les gros et trop gros par rapport à un éleveur qui écoule sa production en vente directe »

 

Article et photos : Stéphanie Martin

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