Après Toussaint Carrosserie, vient Toussaint Thermolaquage

Alors que la Carrosserie Toussaint est en passe de fêter ses 30 d’existence, elle s’est agrémentée l’an dernier d’un atelier de thermolaquage à destination des professionnels et des particuliers.

C’est à peine s’il faut encore présenter la carrosserie Toussaint, installée depuis toujours dans la ZI Saint-Maurice, à Manosque et qui va fêter ses 30 ans cette année. Eric Toussaint se souvient : « Quand j’avais 16 ans, j’étais tellement bon à l’école qu’on m’a conseillé d’aller apprendre un métier... Comme j’avais la passion des camions, j’en ai conduit pendant cinq ou six ans, puis les circonstances ont fait que j’ai décidé d’arrêter et, de fil en aiguille, j’ai repris la carrosserie ». Une petite entreprise créée en 1986, donc, et qui n’est d’ailleurs plus si petite que ça. Outre les agrandissements qu’elle a connus ces dernières années, elle compte aujourd’hui 11 salariés, trois apprentis... Et un nouveau venu en la personne de Loris Berron, avec qui Eric Toussaint s’est associé pour développer une activité de thermolaquage. « C’est quelque chose qu’il avait en tête depuis un moment, confie son épouse Krystel. Mais comme la carrosserie représentait déjà une activité à part entière, il avait décidé d’attendre un peu avant de se lancer ». Jusqu’au jour où arrive leur neveu Loris. Tout jeune diplômé d’une licence de gestion et management des organisations, il propose ses services à son oncle pour lancer cette activité. Le tonton accepte. C’est parti.
Mais qu’est-ce donc que le thermolaquage ? C’est un procédé de peinture « au four », destiné à revêtir des supports métalliques. Un procédé encore peu connu du grand public, mais très prisé des serruriers, ferronniers et autres métallurgistes. «  La peinture, explique Loris Berron, se présente sous forme de poudre, qui est appliquée sur le support, et ensuite fixée par polymérisation » après décapage et sablage préalables. « C’est une technologie qui existe depuis longtemps, mais ça ne fait qu’une dizaine d’années que ça a commencé à se développer en sous-traitance pure », poursuit le jeune homme. « Nous avons donc fait une étude de marché importante, et nous nous sommes rendu compte qu’il y avait un vrai débouché sur le département des Alpes-de-Haute-Provence ». Les entreprises offrant ce type de prestations les plus proches sont, en effet, dans les Bouches-du-Rhône et dans les Hautes-Alpes.

Pratique et respectueux de l’environnement

Il faut dire que la technique ne manque pas d’attrait. D’abord, de par la qualité du rendu esthétique, tout bonnement parfait et ensuite, de par la longévité du résultat, garantie 10 ou 15 ans du fait des vertus anti-corrosion du thermolaquage. Loris fait un petit tour d’horizon des travaux en cours : des pièces de moto, un portail, un radiateur en fonte passablement rouillé... Tous sortiront de là comme neufs, en évitant au passage à leurs propriétaires, le fastidieux travail qu’un traitement manuel imposerait.
Un an à peine après sa création, on peut dire que l’affaire ne tourne pas mal : elle compte deux salariés à temps plein et une embauche est prévue dans les prochaines semaines. Forcément : outre la qualité du travail, qui se veut irréprochable, flexibilité dans les délais pour s’adapter à la demande et proximité avec la clientèle sont des exigences auxquelles la petite entreprise se fait fort de répondre. Et puis, le procédé est tellement pratique ! Respectueux de l’environnement, également. « Les produits que nous employons ne sont pas nocifs », précise Loris Berron. « Nous n’utilisons aucun solvant, ni produit décapant. De plus, la peinture utilisée tombe dans des tiroirs spéciaux que nous passons ensuite au four. Les blocs de plastiques résiduels ainsi obtenus sont récupérés par Veolia ». La grenaille qui sert au sablage est elle-même filtrée et réutilisée à 80%. Une technologie qui a toutefois représenté un gros investissement : « 500000 euros de matériel », estime Eric Toussaint, en comptant la construction du bâtiment dédié, la cabine de sablage, la cabine à peinture, l’étuve de cuisson, ainsi qu’un système de convoyage aérien pour transporter les supports métalliques d’une cabine à l’autre.
Reste à faire connaître cette technologie aux particuliers. « Pour l’instant, le gros du chiffre d’affaires est apporté par une clientèle composée d’industriels. La rénovation est une niche, mais qui est à creuser et à développer ».

Article et photos : Stéphanie Martin