Alizé Électronic, le savoir au service du plaisir

Installée à Gréoux-les-Bains, Alize Electronic compte parmi les rares entreprises spécialisées dans la propulsion de bateaux à moteur électrique.

Guy Gorius n’est pas quelqu’un qui transige. Et en tout cas, pas avec la rigueur, ni avec le respect du client. « J’ai horreur des gens qui baratinent », lance-t-il. « J’ai connu des commerciaux qui vendaient des moteurs électriques à des gens qui n’avaient pas l’électricité. Moi, je vérifie que les clients ont besoin du produit avant de le leur vendre. Ce n’est peut-être pas très commercial, mais au moins, quand je vends quelque chose à quelqu’un, je m’assure que tout va bien ».


Le créateur d’Alizé Electronic avoue avoir « un caractère de Lorrain ». Mais une exigence du travail bien fait dont il s’enorgueillit, d’ailleurs non sans raison. Après 25 ans d’existence, sa petite entreprise reste presque seule sur le marché du bateau à moteur électrique. Installée à Gréoux-les-Bains, Alizé Electronic s’est en effet spécialisée dans la vente et la maintenance de moteurs à propulsion électrique. Société à laquelle est greffée Alizé Electronic location qui, comme son nom l’indique, propose de la location de bateaux électriques sur les sites des lacs d’Esparron et de Sainte-Croix-du-Verdon.


Une création intervenue après une première carrière dans l’ingénierie électronique, notamment pour des entreprises comme Thomson. Une expérience dont il a tiré des leçons qu’il n’hésite pas à relayer : « J’ai vraiment vu comment on détruit l’industrie quand ce sont les financiers qui dirigent », lâche Guy Gorius. Lui, préfère construire. « Au début, je voulais faire de la domotique, et finalement, comme j’étais passionné de propulsion électrique, j’ai pensé que le bateau électrique pouvait constituer une niche intéressante ». D’autant, ajoute-t-il, « que c’est quelque chose que l’on n’est pas nombreux à maîtriser ».


D’entrée de jeu, il décide de se tourner simultanément vers la construction et la location. « Au début, la vente était difficile, car j’avais en face un concurrent qui vendait moins cher, et donc beaucoup plus que moi. En revanche, la location a tout de suite marché. Au début, j’ai loué aux Salles-sur-Verdon. J’y suis resté un an, puis j’ai créé la base plage Saint-Julien, à Gréoux-les-Bains, suivie de celle d’Esparron, et enfin à Bauduen ».


L’impact commercial de la location sur le reste de l’activité finit par se faire sentir. Réputation oblige. Et une clientèle grandissante de plaisanciers se tourne vers la petite entreprise pour faire motoriser leurs embarcations. « J’ai dû motoriser un millier de bateaux dans la région », estime Guy Gorius. Il est vrai que la propulsion électrique n’est pas sans avantage. « Il n’y a pas de nuisance sonore, la vitesse est limitée - ce qui rend l’utilisation du bateau électrique plus sécurisante. En plus, les lieux où nous effectuons la location sont également des réserves d’eau potable et l’électricité est plus écologique que les moteurs à essence. En fin de compte, avec ce système de propulsion, que ce soit les communes, le voisinage ou les salariés utilisateurs, tout le monde est content ». Quant à lui, il met, dit-il, son « savoir au service du plaisir ». « J’aurais pu faire des moteurs à essence, mais je ne voulais pas. D’une part, parce que j’étais plus intéressé par la propulsion électrique, et d’autre part, parce que je ne voulais pas me disperser. On ne peut pas être bon partout ! Pourtant, c’était tentant, et le chiffre d’affaires aurait explosé, mais avec le temps, je ne regrette pas ».


Gérées en famille avec son épouse Claudine, comptant avec l’un de leurs fils Pierre, leur gendre et leur fille aînée Marie, Alizé Electronic compte aujourd’hui sept salariés, et Alize Electronic location, deux salariés permanents et une dizaine de saisonniers qui assurent la location des 70 bateaux répartis sur les trois sites. Le chiffre d’affaires cumulé des deux entreprises s’élève à 1,3 M d’euros. Et les entreprises affichent depuis leur création une croissance annuelle de +20% en moyenne.
Pour autant, la PME connaît actuellement une situation paradoxale. La raison : un atelier devenu trop exigu pour permettre à l’entreprise de se développer davantage. « Nous avons acheté deux lots d’environ 3000 m² sur la commune de Gréoux pour y construire un nouvel atelier, mais les nouvelles normes, et notamment la réglementation thermique RT 2012 nous mettent dans l’embarras financièrement. On est coincés et c’est d’autant plus regrettable qu’actuellement, nous refusons des marchés ». In fine, regrette Guy Gorius, « c’est un peu une crise de croissance ».

Article et photos : Stéphanie Martin