ABRAM de la quincaillerie à l’EPI histoire d’une diversification réussie

Créée il y a 160 ans dans le centre-ville de Manosque, une petite quincaillerie deviendra Abram distribution, entreprise florissante et diversifiée qui embauche aujourd’hui plus de 80 salariés.

L'an dernier, la société Abram a fêté ses 160 ans. En fait, ses 160 ans minimum. « Cela correspond à l'arrivée des premiers documents administratifs. Nous n'avons donc pas pu remonter davantage aux origines de la société  », précisent Guillaume et Caroline Abram. Le frère et la sœur représentent donc la cinquième génération d'Abram à poursuivre la saga entamée a priori par... leur trisaïeule. « Notre arrière-arrière-grand-mère a créé les établissements Bourg en 1856. La société était alors installée sur la place de la mairie, dans le bâtiment qui accueille aujourd'hui la librairie Le Poivre d'âne et la bar le Cigaloun »
 
Caroline Bourg mène d'une main de maître ce commerce spécialisé dans les machines agricoles, les articles pour la construction, le jardin, le chauffage et l'ameublement. Et elle est reconnue comme telle. « C'était une femme dont on peut dire qu'elle était en avance sur son temps. Quand l'évêque venait à Manosque, tous les deux ou trois mois, il allait systématiquement lui rendre visite pour prendre la température de l'économie locale ». Dotée du tempérament que l'on imagine, cette femme du siècle suivant restera d'ailleurs à la tête de sa petite entreprise jusqu'à un âge avancé : « Mon grand-père a pris la relève quand elle s'est cassé le col du fémur à 80 ans », note Guillaume Abram. Jean Abram, petit-fils de Caroline Bourg, prend donc la suite et fera montre lui aussi d'une longévité étonnante puisqu'il restera à la tête de l'entreprise durant 47 ans. Il passera le relais à son propre fils Jean-Marie, qui acquerra en 1971 un terrain dans la toute nouvelle zone industrielle Saint-Joseph, où l'entreprise est installée depuis. Puis, ce sera Guillaume. « Dès l'âge de 12 ans, je passais tous les mercredis après-midi et mes vacances à traîner dans les outils. De fil en aiguille, le virus m'a pris. J'ai fait une école de commerce et j'ai repris le flambeau »
 
Cela fait déjà dix que Guillaume Abram a lui-même succédé à son père, tandis que sa sœur a à sa charge la gestion des ressources humaines. Mais Jean-Marie Abram ne s'est guère éloigné. « Notre père a pris sa retraite, mais la passion est intacte », sourit Caroline Abram, en désignant le bureau qu'occupe encore Jean-Marie Abram quotidiennement. Mais pour aussi familiale qu'elle puisse être, ce qui était au départ une petite quincaillerie a aujourd'hui largement dépassé les frontières manosquines.
Figurant parmi les quelque 250 quincailleries que compte encore le territoire français, Abram distribution a adhéré à la Cofaq (Coopérative française de quincaillerie), mais a également élargi son champ de compétences. « Petit à petit, le développement du marché du bricolage a grignoté la quincaillerie, dont la clientèle est aujourd'hui à 85% composée de professionnels », explique Guillaume Abram. 
Leur première expansion date de 2007. « Depuis 30 ans, l'entreprise avait une activité de grossiste en électro-ménager et fournissait plus d'une centaine de distributeurs situés dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes. Internet étant passé par là, nous avons décidé d'arrêter cette activité, qui a donc complètement disparu ». A la place, a été créé le magasin Jardi pro, dédié aux professionnels des espaces verts. 
 
Une nouvelle mutation est avérée lorsque l'entreprise se lance dans le marché de l'EPI (équipement de protection individuel) en rachetant, fin 2010, la société d'équipement industriel Seise, à Saint-Laurent-du-Var et que Guillaume Abram crée à Manosque un espace EPI type « show-room » particulièrement innovant. « Nous sommes partis du principe que l'équipement de protection pouvait être présenté d'une manière plus fashion, plus ludique, notamment pour les nouvelles générations qui ne veulent plus porter des bleus de travail sinistres et qui prennent le risque, de ce fait, de ne pas être protégés »
 
Des équipements qui vont donc du bleu de travail au défibrillateur, en passant par les tenues pour les métiers de bouche et qui sont, de surcroît, personnalisables via notamment les ateliers de sérigraphie et de marquage (broderie, transfert) installés in situ. « Il nous arrive également de faire fabriquer des équipements spécifiques pour des secteurs d'activité comme le bâtiment ou le nucléaire, voire de faire créer des lignes de vêtements spécifiques pour une entreprise déterminée. De plus, depuis la création d'Abram pro sud-est en 2010, nous réalisons des paquetages individuels. A tout cela, nous associons des études de poste et de risque ou encore la vérification de matériel. Nous accompagnons donc nos clients de bout en bout dans un délai susceptible d'être deux fois plus court que les entreprises qui n'ont pas intégré l'ensemble du process ».
 
Cette activité représente un tiers du chiffre d'affaires de l'entreprise. Les deux autres tiers sont assurés par l'activité aciers, qui représente un volume total annuel de 7500 tonnes livrées sur les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes, et la QUOFI (quincaillerie, outillage, fournitures industrielles) qui s'est agrémentée l'an dernier d'un nouveau point de vente avec le rachat en 2016 de Var soudage services, à Fréjus.
 
Aujourd'hui, la société Abram compte 84 salariés sur l'ensemble de ses sites et avoisine les 20 M€ de chiffre d'affaires, dont, précise Guillaume Abram, « plus de la moitié se fait hors notre zone de chalandise historique alpine ». 160 ans ont passé...
 
Article et photos : Stéphanie Martin
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