A2I Didact de l’éducation nationale au marché pro et retour...

Spécialisée dans la conception de machines automatiques à visée didactique destinées aux établissements scolaires, la société A2i Didact, anciennement Astriane Didact, se tourne désormais vers une clientèle de professionnels de l’industrie désireux de faire évoluer leur parc de machines.

Au commencement, il y a Barras Provence créée en 1962 par Bernard Jeanmet-Peralta, le maire de Manosque, et Secia, une autre société manosquine, dont la fusion donnera Astriane et sa filiale Astriane Didact. Un nom qui perdure aujourd’hui comme marque commerciale d’A2i Didact, une entreprise spécialisée dans l’industrie didactique et installée à Manosque. « Dans les années 80, Bernard Jeanmet a remporté un appel d’offres lui permettant de fournir des systèmes technologiques à visée pédagogique à des lycées afin de favoriser auprès des lycéens l’enseignement de technologies fondamentales comme la mécanique, l’électrotechnique et l’électronique, puis l’hydraulique et la pneumatique... Pendant plusieurs années, on a été un des acteurs majeurs de cette industrie », explique le directeur général de l’entreprise Philippe Avril. Lui-même a débuté sous l’ancienne enseigne en 1992 avant de reprendre l’activité en 2004 et a vu l’entreprise approvisionner les lycées professionnels, technologiques et autres CFA en robots et en systèmes didactiques durant toutes ces années, au point, dit-il, « de retrouver dans les lycées des outils qu’on a créés il y a 25 ans ». Il sourit : « On a voulu faire du solide et ça se vérifie tous les jours ». Ne serait-ce qu’à Manosque, le lycée professionnel Martin-Bret est lui-même équipé d’une extrudeuse de savons made in A2i Didact, et le lycée technologique des Iscles d’une ligne de savonnerie complète. 
 
Objectif : créer de véritables outils permettant aux élèves de se familiariser avec les technologies auxquelles ils seront confrontés au cours de leur vie professionnelle. « Nos systèmes ne sont pas des maquettes mais de véritables équipements industriels, judicieusement adaptés aux contraintes de la formation », insiste Philippe Avril. 

Un point d’autant plus important à souligner que l’entreprise est aujourd’hui à un tournant, le marché sur lequel elle a prospéré durant des années tendant plutôt à se réduire. « Il y a aujourd’hui une offre importante sur ce marché, explique le directeur général. On doit désormais compter avec une dizaine d’entreprises sur le territoire qui n’existaient pas il y a trente ans. De plus, les filières professionnelles souffrent d’un désamour des élèves et, surtout, de leurs parents qui aspirent souvent à des formations plus longues pour leurs enfants ». Sans oublier la conjoncture budgétaire qui met les collectivités territoriales, et en l’espèce le Conseil régional, à rude épreuve.
L’heure est donc à la diversification pour la société A2i Didact. « Nous avons décidé de conquérir un marché de professionnels de l’industrie qui seraient intéressés par l’évolution de leur parc de machines pour gagner en productivité, en qualité et en traçabilité », souligne Philippe Avril. Il suffit d’ailleurs de traverser l’avenue Saint-Maurice, dans la zone industrielle du même nom, et de se rendre sur le site de la biscuiterie Lou Bio pour en avoir un aperçu. « Nous avons fourni deux cellules robotisées permettant d’automatiser le pliage des paquets et le conditionnement des biscuits ». Un système reposant sur des appareils dont l’adaptabilité de leur usage à des besoins évolutifs est le point fort. « Cette expérience que nous avons acquise sur les systèmes automatisés en proposant une robotique flexible permet de répondre à des problématiques de production variées et de nous adapter à des cahiers des charges précis élaborés avec nos clients », précise Philippe Avril.

Une diversification qui est donc amenée à se développer, comme en témoigne le rapprochement récent d’A2i Didact avec l’entreprise BEMA, dont le siège social est à Vinay, dans l’Isère et dont l’activité est l'étude, la conception et la réalisation de machines spéciales automatiques pour les industries de production. Un mariage que Philippe Avril espère porteur pour l’ensemble des marchés visés, incluant le marché de l’enseignement. « Une entreprise qui s’équipe de robots cherche d’abord à réduire les postes inintéressants ou difficiles. De ce fait, la robotique va sans doute impacter des fonctions basiques dans les entreprises manufacturières, mais cela va se traduire par un déplacement de compétences vers l’installation, l’entretien et la programmation des lignes automatisées et robotisées. On peut espérer que cela va également susciter un regain d’intérêt pour les élèves et les étudiants en quête de nouvelles technologies  ». Une manière in fine de redynamiser son marché initial. « Quelque part, on boucle la boucle en favorisant l’émergence de nouveaux besoins dans les formations technologiques et professionnelles »

Articles et photos : Stéphanie Martin

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